Le Truel - Centre Catholique Universitaire Montpellier Nord
En Orient comme en Occident, les Églises célèbrent aujourd’hui l’Annonciation du Seigneur, qui dans la tradition byzantine, porte le nom de fête de l’Evangélisation de la Mère de Dieu.
On fait mémoire dans cette solennité du célèbre épisode biblique de l’annonce portée par l’ange à Marie de Nazareth. Luc dépeint Marie comme la personnification du petit reste d’Israël pauvre et humilié, de ceux qui n’attendent rien d’autre que la venue du Messie : dans l’épisode scripturaire de ce jour, elle est celle qui, au travers de son accueil et son écoute de la parole de Dieu rapportée par l’ange, conçoit en son sein, par l’œuvre de l’Esprit saint, le fils de Dieu, la parole du Très-Haut faite chair.
C’est pourquoi, dans la tradition patristique, Marie est appelée la nouvelle Eve, la mère de tous les croyants : car à travers la foi des croyants, le Seigneur a décidé d’établir en eux sa demeure.
Afin de mieux pénétrer ce mystère, une méditation de Jean-Paul II sur ce mystère, sur le chrétien comme homme de l'Annonciation. Demain, un autre texte pour approcher ce grand mystère.
"Il faut que, nous aussi, nous prenions conscience que le chrétien est l’homme de l’Annonciation.
Non seulement nous redisons les paroles de l’Ange à Marie, dans une prière familière - non seulement trois fois par jour l' “Angelus” nous rappelle l’événement de Nazareth -, mais l’Annonciation marque en profondeur le chrétien. Marie de Nazareth, la première, a reçu de Dieu un message de salut ; la première, elle lui a répondu par la foi. Comme elle, tout chrétien est l’homme de ce message de salut et l’homme de cette foi.
L’événement qui s’est produit à Nazareth ouvre la voie nouvelle dans laquelle Dieu conduit toute l’humanité.
Ce que signifie l’Annonciation, c’est, en un sens, la synthèse de tous les mystères que Dieu a voulus à la plénitude des temps, lorsqu’il entre dans l’histoire de l’homme selon le dessein éternel de son amour.
La Vierge de Nazareth, nous la voyons au seuil du Temps nouveau, qui est le Temps définitif, en un sens, le dernier Temps. En elle, par elle, le Dieu de l’Alliance désire aller plus loin que
ce qui avait été jusqu’alors “l’alliance”, la “foi”, la “religion”. Cette perspective peut émerveiller, mais elle peut aussi provoquer la crainte. C’est pourquoi les premières paroles de
l’Annonciation disent: “Sois sans crainte, Marie”. Les paroles qui suivent sont présentes à notre mémoire. La Vierge Marie deviendra la Mère du Fils qu’elle appellera Jésus. Il sera Fils du
Très-Haut, Fils de Dieu. En lui s’accompliront toutes les promesses messianiques de l’Ancienne Alliance, celles qui se rattachent à l’héritage du patriarche Jacob et au roi David. En ce Fils,
c’est le Royaume de Dieu lui-même qui se réalisera, ce Règne qui “n’aura pas de fin”.
Jean Paul II
Annecy - 7 octobre 1986