Elles sont précieuses et rares les circonstances dans lesquelles il est donné, presque physiquement, de saisir le sens de certains mots. Le voyage de Benoît XVI en Israël et en Jordanie nous a donné l'occasion à saisir pleinement la portée d’un des éléments attribué au Pape: "Pontife", concepteur et constructeur de ponts. Ce n’est pas une tâche facile parce que, pour poursuivre la métaphore, il faut bien connaître le terrain des deux berges qui veulent se joindre, les matériaux utilisés, les personnes engagées ; il faut être en mesure d'attendre et d'oser, construire les soutiens provisoires et remédier à des difficultés imprévues. Tous problèmes qui ne peuvent que s'aggraver lorsque, comme c’est le cas au Moyen-Orient, les berges ne sont pas deux, mais trois, et quand, depuis des siècles, sinon en conflit, du moins en affrontement constant.

 


C'est précisément cette mission de "pontife" qui a animé les jours, réunions, paroles et gestes de Benoît XVI en Terre sainte. La connaissance des problèmes, une écoute attentive de la réalité concrète, la prise de conscience de la difficulté de la mission combinée avec une fermeté sage ont fait que le pape n'a cédé à aucune pression politique et il s’est montré, à tout moment, comme un véritable défenseur de la paix : le calendrier des événements et les termes des discours, ne sont pas dictés par des pressions extérieures, parce que le successeur de Pierre n'a pas oublié que, si certaines de ses paroles ont pu déplaire à quelques uns, les paroles de Jésus: "Heureux êtes-vous lorsque l’on dit du mal de vous". Aussi, les critiques et les reproches n’ont pas manqué à son égard, mais ces diatribes semblent mises en place par un climat de méfiance et d'incompréhension qui empêche de nombreuses personnes à reconnaître le désir sincère de paix et de réconciliation qui anime le pape…

 

En fait, les fortes paroles du Pape sur les douloureux problèmes qui affligent cette région du monde n’ont pas manqué au cours des dernières années, mais les mots ont un poids différent, en fonction du lieu et du moment où ils sont prononcés. Ainsi, le "sens tragique" d'un mur vous apparaît pleinement quand on y est confronté, cette construction est l'antithèse physique des ponts, de la route qui relie l'homme avec son frère en humanité. Et si, devant le Mur occidental, le silence du pape s’est fait prière en solidarité avec l’Israël priant de tous les temps, devant le mur érigé par la main de l'homme contre d'autres hommes, ses mots demeurent un cri de douleur.

 

Même la mémoire de la Shoah reste gravée de façon indélébile dans les esprits et les cœurs quand - comme dans le musée de Yad Vashem – elle est accompagnée par la présence de "noms" de personnes qui évoquent la «j’accorderai dans ma maison et mes murailles - dit le Seigneur – une stèle porteuse du nom (Yad Vashem) ... Je leur donnerai un nom éternel qui ne sera jamais effacée » (Isaïe 56,5). Là, avec un discours d’un ton différent de celui de son prédécesseur Jean-Paul II, mais avec autant de clarté, il a fait mémoire d’une immense tragédie, avec «six millions de Juifs brutalement exterminés" de toutes les victimes de l'histoire « d’Abel le juste » jusqu’au dernier anonyme persécuté, torturé et tué. Pour tous il y a l'écho des paroles consolantes de l'Ecriture: "la miséricorde de Dieu, n'est pas finie, ni épuisée."

 

Mais la terre chère aux trois monothéismes est la gardienne d'une culture millénaire qui ne sépare pas les mots des gestes. Et ce sont aussi ces gestes qui ont été tissés le voyage de Benoît XVI, comme la montée vers le Mont Nébo pour contempler comme Moïse une terre «autre», toujours promise mais jamais en pleine propriété ; ou comme la mosquée d’Amman, respectueux d’un espace de prière qu’on ne peut pas partager mais qu’on peut accueillir dans le cœur. Comme également l’arrêt de recueillement et de prière devant le Mur occidental et Yad Vashem sont des gestes forts, maintenant assumés par l'Eglise catholique comme des «lieux» d'un dialogue dans la charité.

 

Mais le geste qui restera peut-être comme la pierre angulaire du pont jeté dans ce pèlerinage vient une fois de plus de l’inattendu, de la capacité à saisir les signes du temps et de le transformer en un événement qui demeure graver dans les yeux et le cœur : le pape, un rabbin et un imam se levant, se prenant par la main et unissant leur voix en demandant à Dieu, pour la totalité de l'assemblée - "Pax, Shalom, Salam!" - Maintenant, "l'Eglise catholique est engagée de manière irrévocable sur la voie choisie par le Concile Vatican II pour une réconciliation véritable et durable entre les chrétiens et les juifs», comme il est souhaitable de créer des «lieux, des oasis de paix et de méditation dans lesquelles la voix de Dieu peut à nouveau être entendue, où la vérité peut être découverte au cœur de la raison universelle. " La nécessité du dialogue interreligieux a été réaffirmé dans ce geste de la main tenue pour la prière pour la paix: "les chrétiens et les musulmans - a dit le pape -, doivent tous proclamer que Dieu existe, qu’on peut le connaître, que la terre est sa création ». Ce dialogue cherche une dimension "trilatérale" impliquant Juifs, Chrétiens et musulmans et il est décisif pour la recherche de la paix, pour permettre à chaque personne à vivre sa foi et à chaque communauté de croyants de témoigner de la pertinence de la foi à un monde indifférent à la présence d'un Dieu Créateur et Sauveur: ainsi on empêchera que les différences religieuses soient manipulées par le fondamentalisme religieux.

 

Dans l’entretien avec les journalistes dans l'avion du retour, Benoît XVI a réitéré "l'impression que dans tous les milieux - juifs, chrétiens et musulmans - il ya une volonté de dialogue interreligieux : pas une collaboration pour des raisons politiques, mais dictée par la foi. Croire que Dieu veut que nous soyons une seule famille humaine, fait que les moyens de dialogue et de coopération sont une exigence de la foi elle-même." Oui, ce voyage est réellement apparu comme un pèlerinage de foi incarnée dans l'aujourd'hui de l'histoire et la construction de ponts, le dialogue en en restant la clé la plus féconde.



Enzo Bianchi

Publié en italien dans La Stampa le 18 mai 2009

 

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Pour vivre le Carême...

désertOser chez soi une semaine avec Dieu

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Malgré notre désir de prier
,
Ø    se retirer quelques jours dans un monastère ou un centre spirituel n’est pas toujours possible ...

  Ø    nous ne savons peut-être pas toujours comment nous y prendre ...

 Cette SEMAINE DE PRIERE ACCOMPAGNEE est une manière simple de faire « retraite chez soi »  au milieu de ses occupations quotidiennes.

 Il suffit de consacrer chaque jour une ½ heure de prière personnelle et de prévoir trois rencontres dans la  semaine avecson accompagnateur/accompagnatrice.

 Cette semaine débutera par une rencontre en groupe de mise en route, au cours de laquelle seront données des indications sur la manière de  prier, le dimanche 7 mars, à 19h30 à Ste bernadette.

Elle sera clôturée par une séance de mise en commun, le dimanche 14 mars, à 19h30 à Ste bernadette

 Pour assurer l'accompagnement de cette semaine de prière inspirée de la spiritualité ignatienne, une équipe de laïcs s’est préparée avec le  Père Claude Espitalier-Noël, sj.

L’accompagnateur donne des textes pour chaque jour, quelques repères pour prier et aide à relire sa prière.

LE VRAI MAITRE QUI NOUS INVITE A PRIER
EST BIEN LE CHRIST LUI MEME ET SA PAROLE.

 

La vie ordinaire n’est pas à côté ou en marge

mais elle est habitée par la prière.

Il est bon que la vie ordinaire puisse être relue

en forme de « prière sur la vie ».


Contacts pour informations :                                        
Catherine Trottier  04 99 23 94 60                             
Nicole Fourcade    04 67 29 95 25  

 Participation aux frais : 5€  (à donner lors d’une des rencontres)


Avant le 1er Mars 2010, merci d’adresser votre  bulletin d’inscription à :
Catherine Trottier
Rés. Le Rocamar – Bât. A2
192 avenue du major Flandre
34090 Montpellier
catherine.trottier@univ-montp3.fr

L'aumônerie étudiante du Truel

Tu es étudiant à Montpellier,
SDC11384.jpgtu as envie de rejoindre d'autres étudiants,
d'approfondir ta foi,
de partager tes questions, tes convictions, ce qui fait ta vie d'aujourd'hui
de vivre des temps forts en Eglise...
SDC11389.jpgd-bat-en-grand-groupe.jpgjoyeuse-pr-paration-du-repas--.jpg
VIENS NOUS REJOINDRE !!
* le jeudi soir, à partir de 19h : Eucharistie, ou temps de prière.
Soirée à thème : conférence, grands témoins, Bible, détente
(cf "demandez le programme")
Puis repas partagé.
* aux pauses Truel,
le jeudi de 14h jusqu'au soir, et le vendredi de 16h à 19h
L-aum-nerie-c-est-le-pied--.jpgSaint-Guilhem-200900078.jpg
le Truel, 250 rue du Truel, à Montpellier.
le-truel@wanadoo.fr
NB : pour des raisons indépendantes de notre volonté, la présentation du blog est perturbée par des problèmes techniques.
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Evangile du Jour

Mardi, 3ème semaine de Carême
Évangile de Jésus Christ selon Saint Matthieu 18, 21-35

 Pierre s'approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, quand mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu'à sept fois ? »
Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à soixante-dix fois sept fois.
En effet, le Royaume des cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs.
Il commençait, quand on lui amena quelqu'un qui lui devait dix mille talents (c'est-à-dire soixante millions de pièces d'argent).
Comme cet homme n'avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette.
Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait : 'Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout.'
Saisi de pitié, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette.
Mais, en sortant, le serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent pièces d'argent. Il se jeta sur lui pour l'étrangler, en disant : 'Rembourse ta dette !'
Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait : 'Prends patience envers moi, et je te rembourserai.'
Mais l'autre refusa et le fit jeter en prison jusqu'à ce qu'il ait remboursé.
Ses compagnons, en voyant cela, furent profondément attristés et allèrent tout raconter à leur maître.
Alors celui-ci le fit appeler et lui dit : 'Serviteur mauvais ! je t'avais remis toute cette dette parce que tu m'avais supplié.
Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j'avais eu pitié de toi ?'
Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu'à ce qu'il ait tout remboursé.
C'est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère de tout son coeur. »
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