Une méditation de Constantin Andronikov, professeur de Théologie liturgique, orthodoxe
Le Dieu-Homme leur montre l’Homme divinisé ; le Père révèle à des hommes du ciel, de l’enfer et de la terre, ce qu’il a voulu qu’ils soient : illuminés. C’est plus que les hommes n’ont jamais vu,
plus qu’ils ne verront dans l’histoire avant le Second Avènement…
Cette béatitude et cette connaissance, découvertes pour un instant par la Transfiguration du Christ, s’instaureront à jamais à la Parousie, "dans le ciel nouveau et la terre nouvelle"…
La Transfiguration est le symbole de la Pâque au-delà du temps, quand Dieu sera tout en tous… La Transfiguration est essentiellement "finale" ; elle représente le fruit de l’Economie du Salut, la
fin de l’histoire commune aux hommes et à Dieu.
En ce sens, elle est bien la fête suprême de l’Eglise, la consommation préfigurée de toutes les autres, non moins importante que Noël et que l’Epiphanie…
"Aujourd’hui ; sur le Thabor, (chante l’Eglise d’Orient) Christ a transformé la nature enténébrée d’Adam. L’ayant illuminée, il l’a divinisée. "
Depuis qu’il a été banni de l’Eden, l’homme n’a plus vu Dieu : "Nul ne peut voir Dieu sans mourir."
Aujourd’hui, sur le Thabor, les hommes d’ici-bas et ceux de l’au-delà voient Dieu, le Dieu-Homme, dans la lumière de la Gloire. Dieu manifeste ainsi à ses serviteurs ce qui doit arrivér bientôt,
quand ils seront eux-mêmes transfigurés dans le Royaume retrouvé, "où il n’y aura plus de nuit, car il les illuminera, où ils le serviront et verront sa face" dans le monde métamorphosé de la
Jérusalem nouvelle.
L'icône illustrant cette méditation provient d'un monastère du Sinaï et date du XIIème siècle