Présentation de l’Evangile de Luc
Intro sur la Parole
de Dieu
La Bible, une bibliothèque !
73 livres
40 auteurs différents
styles variés : livres historiques, poèmes, prière, œuvres littéraires, textes de loi…
dates d’écriture de -1900 au 1er siècle
AT, NT, 4 Evangiles
Différentes traductions
La Bible, Parole de Dieu ? cf 1ère piste de partage
Qui est
Luc ?
Traditionnellement, depuis le second siècle, on reconnaît en Luc le « cher médecin » (Col
4,14 ; Phm 24, 2Tm 4,11) qui accompagne Paul dans certaines de ses missions. Mais des doutes subsistent…
Grec cultivé, sans doute originaire d’Antioche.
Luc n’a pas connu personnellement le Christ.
Son Ev est donc marqué par deux « sources » :
- Les récits antérieurs des témoins oculaires, qui sont devenus serviteurs de la Parole (cf prologue)
- Son propre vécu auprès de Paul ; le Christ que Lc a découvert n’est pas d’abord le prophète itinérant de
Galilée ; mais le Seigneur glorifié apparu à Paul sur le chemin de Damas, celui qu’il découvre à travers la prédication de Paul, celui dont il perçoit le visage dans les 1ères communautés
chrétiennes celui dont il retrouve les traits dans les souvenirs des témoins qu’il interroge.
Pour qui
écrit-il ?
Pour nous ! « Cher Théophile » : ami/ aimé de Dieu
On ne sait pas pour quelle communauté précise Luc écrivit ; mais à la lecture de son œuvre, des
indices peuvent nous permettre de situer ces chrétiens sont d’anciens païens, d’origine grecque. Quels indices ? : ses explications sur la
géographie de la Palestine, ses précisions sur les usages juifs, son peu d’intérêt pour les discussions sur la loi, son souci des païens, son insistance sur la réalité corporelle du Ressuscité,
si difficile à admettre pour les Grecs.
Pourquoi
écrit-il ?
Prologue de Luc 1
« 1 Puisque beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements accomplis parmi nous, 2 d'après ce que nous ont transmis ceux qui furent dès le début témoins oculaires et
qui sont devenus serviteurs de la parole, 3 il m'a paru bon, à moi aussi,
après m'être soigneusement informé de tout à partir des origines, d'en écrire pour toi un récit ordonné,
très honorable Théophile, 4 afin
que tu puisses constater la solidité des enseignements que tu as reçus. ».
Une chaîne de
transmission :
Pas de récits sans événements (paroles et actions de Jésus). Des témoins
oculaires… dont certains sont devenus serviteurs de la Parole, entreprenant de composer un récit de ces événements. L’écrivain lui-même : Lc. Théophile, peut-être un personnage réel, qui a fourni
le parchemin et l’encre, pourquoi pas la maison dans laquelle l’auteur a dicté son texte à un scribe. Une chaîne qui va jusqu’à nous : nous sommes tous des Théophiles, des amis de
Dieu.
Un travail d’historien ? (la
Bible = une histoire vraie ?)
Lc annonce ainsi le sujet, la méthode, et le but de son œuvre. Il va présenter
les événements qui sont au point de départ de la prédication de l’Eglise. Il s’est informé avec soin de la tradition des 1ers témoins et va l’exposer en ordre. Ainsi Théophile y trouvera un récit
solide. Lc se présente ainsi à la manière d’un historien de son temps. Il suit les usages des historiographes de son temps.
Oui, mais… l’histoire qu’il veut présenter est une histoire sainte ! Le
propos de Lc est de montrer la signification des événements pour la foi : une foi éclairée par le mystère de Pâques et par la vie de l’Eglise. Quand il présente les paroles et les actes de
Jésus, il s’intéresse avant tout à leur sens ; il manifeste parfois une indifférence profonde pour leur chronologie, ou pour leur situation topographique (ex : 29 « Et, se levant, ils le poussèrent hors de la ville et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline sur laquelle leur ville était bâtie, pour l'en
précipiter. 30 Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin... » : ne correspond pas à la géographie de Nazareth, peu précis. Sens :
montrer Jésus poursuivant sa route qui ne peut s’achever qu’à Jér). Il ne craint pas de composer librement des scènes significatives (chap 1 et 2…).
Son souci 1er n’est pas de décrire les faits dans leur exactitude
matérielle, mais de proclamer l’histoire de Jésus en tant qu’elle st histoire du Salut. Il se sent la liberté et même le devoir de déchiffrer les événements. Il le fait à la lumière de la
tradition de l’Eglise.
Lc considère le fait de Jésus avec toute sa foi, en laquelle un historien voit
une interprétation personnelle, un au-delà de l’histoire. Son but est bien d’affermir la foi de Théophile.
Ce livre est un Evangile (= Bonne nouvelle en grec). C’est un croyant qui
s’adresse à nous.
Quand écrit-il ?
« Puisque beaucoup ont entrepris
de composer un récit des événements accomplis parmi nous » : Lc n’est donc pas le 1er à écrire. Mc : 1er Ev vers années 70.
Les exégètes situent la rédaction de l’Ev de Lc vers les années 80-90 ; mais plusieurs lui attribuent une date plus ancienne.
Lc utilise des matériaux qui lui sont
communs avec Mt et Mc, mais aussi bcp d’éléments qui lui sont propres : enfance, certains miracles, certaines scènes de conversion, certaines
apparitions pascales, des enseignements et surtout une série de paraboles.
Des traits communs avec Ev de
Jn : des personnages comme l’apôtre Jude, Marthe et
Marie ; le lien entre la pêche miraculeuse et l’investiture de Pierre, la trahison de Judas attribuée à Satan… Ces traits communs ne peuvent pas s’expliquer par des contacts évangéliques
entre les deux Ev (Ev Jn plus tardif), mais par des contacts de la tradition pré-évangélique.
Un livre en deux
tomes : Ev : temps de Jésus et Ac : temps de l’Eglise.
« J'ai consacré mon premier
livre, ô Théophile, à tout ce que Jésus a fait et enseigné, depuis le commencement 2 jusqu'au jour où, après avoir donné ses
instructions aux apôtres qu'il avait choisis sous l'action de l'Esprit Saint, il fut enlevé au ciel » Ac 1,1. + concordances de style vocabulaire… entre Lc et Ac.
Dans Ac, Lc raconte les débuts de l’Eglise primitive, la vie de la première
communauté de Jérusalem, l’œuvre missionnaire des apôtres Pierre et Paul qui aboutit à la constitution de nombreuses petites communautés chrétiennes dans l’Asie Mineure.
Un plan
d’ensemble :
- Chapitres 1et 2 : naissance et vie cachée de Jean-Baptiste et de
Jésus. Seul évangéliste avec MT qui présente petite enfance de Jésus. Annonciation, Visitation sont propres à Lc.
- 3,1 à 4,13 : préparation du ministère de Jésus : JB introduit
Jésus puis lui laisse la place, baptême du Christ.
- 4,14 à 9,50 : Ministère de Jésus en Galilée. Revêtu par son
Baptême de la puissance de l’Esprit (Lc 4,14), il accomplit la prophétie d’Isaïe qui inaugure son ministère : « annoncer la Bonne nouvelle aux pauvres, proclamer aux captifs la
libération, et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer les opprimés en liberté » (Lc 4,18)
- 9,51 à 19,27 : La montée vers Jérusalem. Partie la plus originale
de l’Ev de Luc. plus qu’un voyage géographique : un chemin théologique. On voit Jésus « monter » vers sa mort, qui sera en même temps sa Glorification (Passion et Résurrection). Le
Christ ne cesse de poursuivre son ministère de compassion, guérit (ex guérison 10 lépreux Lc 17,11) enseigne, appelle à la conversion. Mais c’est aussi un chemin semé d’embûches, où le Christ se
heurte à l’incompréhension de ses disciples quand il annonce sa Passion, à l’hostilité des pharisiens et des docteurs de la loi.
- 19,28 à 24,53 : Passion, Résurrection à Jérusalem, et apparitions aux
disciples. Tout commence et culmine à Jérusalem : annonce de la naissance de JB au Temple, présentation de Jésus au temple, plusieurs fois Jésus pleure et se lamente sur Jérusalem (Lc
13,34 ; Lc 19,41). Jésus est le prophète par excellence, accomplissant parfaitement le dessein de Dieu, et « il ne convient pas qu’un prophète meure hors de Jérusalem » (Lc
13,33).
Christ Ressuscité apparaît aux disciples à Jérusalem, ou sur la route d’Emmaüs, mais les deux disciples
retournent à Jérusalem. Les disciples sont invités à « rester dans la Ville » (Lc 24,49), ils sont sans cesse dans le Temple à bénir Dieu.
Dans Ac, Luc montrera comment la Bonne nouvelle partira de Jérusalem pour aller jusqu’au bout du
monde.
Quelques traits
caractéristiques de l’Ev de Luc
Ev de l’enfance : Jésus qui naît dans une mangeoire, sur la route… tout le sens de Noël vient de Luc. Dieu petit, humble.
L’Evangéliste de la tendresse de Dieu.
- 3 paraboles de la miséricorde (Luc 15), notamment fils prodigue
- Passion : Jésus manifeste son
pardon à tous ceux qui au moment –même le persécutent et vont le faire mourir : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ».
De même, au malfaiteur cloué à côté de lui sur la Croix et qui se repent, il accorde le pardon et la promesse de la vie
éternelle : « en vérité, je te le dis, aujourd’hui, tu seras avec moi dans le Paradis ».
- Femme Pécheresse
pardonnée Lc 7,36-50 : « ses péchés, ses nombreux péchés, lui sont remis parce qu'elle a montré beaucoup d'amour ».
Les pauvres, les pécheurs, les étrangers, les
païens :
- dès le début de l’Evangile, les 1ers à recevoir la bonne nouvelle de la naissance d’un sauveur : bergers = des
exclus.
- Repas chez Zachée. Lc 19 « Car le Fils de l'homme est venu chercher
et sauver ce qui était perdu."
- « tous les publicains et les pécheurs
s'approchaient de lui pour l'entendre. 2 Et les Pharisiens et les scribes de murmurer: "Cet homme, disaient-ils, fait bon accueil aux pécheurs et mange avec eux!" Lc 15, 1-2
- Pardon de la femme pécheresse… chez un pharisien, un homme de loi bien comme il
faut ! Lc 7,36-50
- Etrangers : parabole du bon samaritain : Lc 10,29-37 ; 10 lépreux guéris : un samaritain revient
vers le Christ Lc 17, 11-19
- Païens : guérison de l’esclave d’un centurion : Luc 7,1. La communauté de Luc est constituée d’anciens
païens.
La présence des femmes :
- Elisabeth. Visitation.
- Anne au temple
- Femmes qui suivaient Jésus « Et il advint ensuite qu'il cheminait à travers villes et villages, prêchant et annonçant
la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu. Les Douze étaient avec lui, 2 ainsi que quelques femmes qui avaient été guéries d'esprits mauvais et de maladies: Marie, appelée la Magdaléenne, de laquelle étaient sortis sept
démons, 3 Jeanne, femme de Chouza, intendant d'Hérode, Suzanne et plusieurs autres, qui les assistaient de leurs biens » (Lc 8. Spécifique Luc)
- Marthe et Marie : 38 Comme ils faisaient route, il entra dans un village, et une femme, nommée Marthe, le reçut dans sa maison. 39 Celle-ci avait une soeur appelée Marie, qui, s'étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. 40 Marthe, elle, était absorbée par les multiples soins du service. Intervenant, elle dit: "Seigneur, cela ne te fait rien que ma soeur me laisse servir toute
seule? Dis-lui donc de m'aider." 41 Mais le Seigneur lui répondit: "Marthe, Marthe, tu te soucies et t'agites pour beaucoup de choses; 42 pourtant il en faut peu, une seule même. C'est Marie qui a choisi la meilleure part; elle ne lui sera pas enlevée." (Lc 10 // Jean 11 : Lazare).
- Les veuves : Anne au temple ; guérison fils d’une veuve : « il fut pris de pitié pour elle » (Lc 7,12. Spécifique Lc) ; offrande de la veuve (Lc 21).
- Les femmes au tombeau (// Mc et Mt)
- Apparition du Christ Ressuscité aux femmes (// Mc et Mt).
Une ouverture à
l’universel :
Par la diversité des personnes dont le Christ se fait proche, et en
particulier les pauvres, les pécheurs, les femmes, Lc transmet l’universalité du salut, offert à tous.
« Les Pharisiens et leurs
scribes murmuraient et disaient à ses disciples: "Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les publicains et les pécheurs?" 31 Et, prenant la parole, Jésus leur dit: "Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin de médecin, mais les malades; 32 je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs, au repentir." » Lc 5,30-31
« Car le Fils de l'homme est
venu chercher et sauver ce qui était perdu. » Lc
19,10.
Universalité de la
Mission :
envoi des 12, mais aussi des 72 en mission Lc 10,1-20 (spécifique Lc). Selon
Gn 10, 72 est le chiffre des Nations
apparitions du ressuscité pas réservé aux 12 (Cf Cléophas sur route
d’Emmaüs)
En même temps, place privilégiée
d’Israël est marquée :
Importance donnée à l’accomplissement des Ecritures
Ordre de Jésus d’aller se montrer aux prêtres : 10 lépreux guéris Lc 17, purification d’un
lépreux Lc 5,14
L’étroite liaison entre salut d’Israël et salut des
nations (ex : Ct Syméon)
La place donnée aux 12 qui seuls reçoivent le titre d’apôtres.
L’Evangile de la joie : l’Evangile de Luc s’ouvre dans une atmosphère d’action de grâces et de louange : il est le seul
évangéliste en effet à avoir conservé les cantiques de Marie (magnificat), de Zacharie, des anges de Bethléem, de Syméon, qui habitent tant la liturgie de toute l’Eglise (Magnificat, benedictus,
Ct Syméon, Gloria).
Evangile de la joie et de la fête : joie des disciples revenant de mission, joie du berger
retrouvant sa brebis perdue, joie du Père qui retrouve son fils prodigue…
La place du Saint Esprit : le Saint Esprit est présent partout dans Luc (16 occurrences hez Lc, 7 chez Mc, 11 chez Mt) :
- chez le Christ (Baptême, Christ « exulte sous l’action de l’Esprit saint » Lc 10,21…)
- chez Marie, Elisabeth, JB, Syméon, les disciples…
- "Lorsqu'on vous conduira devant les synagogues,
les magistrats et les autorités, ne cherchez pas avec inquiétude comment vous défendre ou que dire, 12 car le Saint Esprit vous enseignera à cette heure même ce qu'il faut dire." Lc 12,11-12
- demandez l’Esprit : « combien plus le Père du ciel donnera-t-il l'Esprit Saint à ceux qui l'en prient » Lc
11,13
- Promesse… qui débouche sur la Pentecôte !
Lc s’adresse à des communautés qui ont fait l’expérience de l’Esprit, étant nées hors du cercle de
Jérusalem, suscitées par la Parole de Dieu et par l’Esprit.
L’insistance sur la prière :
« Et il advint, comme il était
quelque part à prier, quand il eut cessé, un de ses disciples lui dit: "Seigneur, apprends-nous à prier,
comme Jean l'a appris à ses disciples."
2 Il leur dit: "Lorsque vous priez, dites: Notre Père… » Lc 11. Demande des disciples est spécifique à Lc
Suit : la parabole de l’ami qui se laisse fléchir
Puis : "Et moi, je vous dis:
demandez et l'on vous donnera; cherchez et vous trouverez; frappez et l'on vous ouvrira. 10 Car quiconque demande reçoit; qui cherche trouve; et à qui frappe on ouvrira. 11 Quel est d'entre vous le père auquel son fils demandera un poisson, et qui, à la place du poisson, lui remettra un serpent? 12 Ou encore s'il demande un œuf, lui remettra-t-il un scorpion? 13 Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l'Esprit Saint à ceux qui l'en
prient!" Lc 11
Les paraboles : Le Christ est né et a vécu au Proche Orient. Imprégné d’une culture marquée par le goût de la comparaison et du
conte populaire, il utilise fréquemment ce style d’histoires courtes porteuses d’un message. C’est une comparaison développée sous forme d’histoire. Elle ne vise pas à enseigner, mais à
interroger les auditeurs sur leur comportement (thème qui sera développé dans l’année).
Le Père : 1ère (au Temple) et dernière Parole du Christ (« Père entre tes mains, je remets mon esprit »)
sont à son Père. Jésus souvent montré en prière, de jour comme de nuit (= en relation à son Père). Parabole du Fils prodigue…. Appelle son Père sur
la Croix.
Quel visage du
Christ… et donc de Dieu Luc laisse-t-il transparaître ?
Dieu de tendresse, de pardon, de miséricorde
Dieu proche des Petits, des pauvres
Dieu de la rencontre
Dieu offre son salut à tous
Claire Dupont, Petite Sœur de Saint François
d’Assise