Paroles d'Eglise

A Noël, les chrétiens célèbrent ce mystère déjà advenu — la venue de Dieu dans la chair de Jésus — comme une promesse et une garantie de ce qu’ils attendent encore: que Dieu soit dans l’humanité entière et que toute l’humanité soit faite Dieu. Mais si tel est le fondement de la fête, alors la joie qui l’habite ne peut être l’objet d’aucune «exclusivité»: elle est une grande joie «pour tout le peuple» (Lc 2,10), pour l’humanité entière, destinataire de l’amour de Dieu. Les chrétiens ne peuvent en aucune manière prendre possession de Noël, en le soustrayant aux autres; ils ne peuvent jamais emprisonner l’espérance qui est une aspiration au cœur de tous. Si, en Jésus, le Créateur s’est fait créature, l’Éternel s’est fait mortel, le Tout-Puissant s’est dénué de sa force, c’est pour que l’homme puisse devenir le Fils même de Dieu. Nous sommes là face à cet «admirabile commercium», à ce «merveilleux échange» à travers lequel les Pères de l’Église des premiers siècles cherchaient à expliquer à leurs contemporains l’événement qui avait non pas tant changé le cours de l’histoire, mais bien plutôt redonné à l’histoire tout son sens.

C’est là la radieuse espérance que les chrétiens devraient, aujourd’hui encore, annoncer aux hommes et aux femmes au milieu de qui ils vivent, si assoiffés de sens, si désireux d’espérance, à ce point habités par une attente plus grande que leur cœur même. Il s’agit, pour les chrétiens, d’aller, de se tenir parmi les autres avec la même joie que celle avec laquelle Dieu est venu parmi nous dans le Fils, l’Emmanuel, le Dieu-avec-nous, qui ne peut ni ne doit jamais devenir le Dieu-contre-les-autres. Alors Noël — non seulement celui des chrétiens, mais aussi celui «de tout le monde», même ce climat contagieux de bonté qui vainc l’hypocrisie d’un bonisme inepte — ne finira pas consumé dans la consommation de quelques heures et de nombreux biens, ni ne s’éteindra avec la dernière bougie, et ne connaîtra pas l’avilissement des «soldes» de fin de saison, mais se dilatera en se multipliant dans le vécu quotidien: ce sera le gage d’une vie plus humaine, habitée par des relations authentiques et par le respect de l’autre, une vie riche de sens, capable d’exprimer par des gestes et des paroles la beauté et la lumière, reflets de cette lumière qui brilla dans la nuit profonde de Bethléem et qui doit briller aujourd’hui encore dans tous les lieux plongés dans les ténèbres de la douleur et du non-sens. Les chrétiens savent, par la foi, que Dieu a voulu se compromettre radicalement avec l’humanité en se faisant homme; ils savent qu’il est entré dans l’histoire pour orienter celle-ci définitivement vers l’issue du salut; ils savent qu’il a assumé la fragilité de l’homme exposé aux offenses de son propre mal pour vaincre le mal et la mort. Et cette «connaissance» qu’ils ont, ils sont appelés à en témoigner, en assumant chaque jour la pauvreté, l’abaissement, pour rencontrer l’autre, conscients que ce qui unit les hommes est plus grand que ce qui les différencie et les oppose.

Si les chrétiens, à Noël, sont dans la joie, ce n’est pas un privilège qui leur est réservé, ni un don qui serait rendu vain si on le partageait. Bien au contraire, il ne leur est en aucun cas permis d’en prendre possession et d’en faire leur exclusivité: ils ne peuvent pas soustraire le Christ à l’humanité, à laquelle il a été envoyé par le Père. Oui, Noël est l’invitation à une espérance, et cette espérance est offerte à tous.

Enzo Bianchi



La 83ème Semaine Sociale de France s'est achevée le 23 novembre. Elle a rassemblé plus de 3000 personnes à Lyon pendant 3 jours, sur la problématique religions-sociétés. Une déclaration oeucuménique  a clôt la rencontre.

 

Les débats et les ateliers des Semaines Sociales de France se concluent traditionnellement par un message. Une version courte est déjà disponible sur le site des Semaines, découpée en quatre parties : « Un nouveau dialogue », « L'inspiration chrétienne », « Changer son attitude » et « Les attentes ».


Pour clore cette édition dont le thème était « Religions, menace ou espoir pour nos sociétés ? », les représentants des religions monothéistes se sont adressés à la société et aux hommes politiques.

L'année prochaine, la 84ème session se tiendra les 20, 21 et 22 novembre 2009 à Paris (Villepinte). Elle aura pour thème : "Les nouvelles solidarités".




DECLARATION INTERRELIGIEUSE
à la 83ème semaine sociale de France, Lyon 23 novembre 2008



    Après le message qui vient d'être adressé par les Semaines sociales à la société et aux hommes politiques, nous, représentants des religions monothéistes, ressentons l'urgence de prendre tous ensemble la parole.
Tout d'abord nous voulons réaffirmer notre attachement commun à quelques principes ou attitudes sources de paix :
- Le principe de séparation du politique et du religieux est pour nous un préalable et une condition à toute vie religieuse et politique apaisée
- Mais ce préalable n'est pas simple neutralité, il doit s'accompagner d'une attitude de respect et d'un désir de connaissance et de reconnaissance de l'autre, même si nous ne partageons pas la même foi ou les mêmes convictions
- Mieux : la tâche qui nous incombe avec urgence est de multiplier en tous domaines le dialogue entre croyants et le dialogue avec nos frères non-croyants.
- C'est à ces conditions que la paix qui est notre horizon commun peut advenir et demeurer parmi nous.
- Afin que la paix soit partagée par tous, nous invitons les différentes familles de pensée à faire un chemin semblable de respect et de dialogue.

Nous voulons aussi, sans ostentation mais sans complexe, inviter chacun à puiser dans le message des religions le sens que beaucoup de nos contemporains recherchent :
- Des inquiétudes multiples traversent en effet nos sociétés et atteignent nos personnes. L'homme, notamment, ne saurait être réduit à un consommateur économique.
- Vues à la lumière de notre créateur miséricordieux, nos vies humaines prennent sens et nous retrouvons le goût de vivre.
- L'aventure de nos sociétés et celle de l'humanité toute entière trouvent elles aussi leur sens sous le regard de Dieu qui aime toutes ses créatures et veut leur bonheur.

Conscientes de leurs responsabilités, les religions ont un message particulier à délivrer pour nos sociétés :
- Le caractère sacré de tous les êtres humains et de la vie,
- L'égale dignité des hommes et des femmes,
- L'étranger, que nous nous devons d'accepter et d'accueillir,
- Les personnes en difficulté que nous nous devons de respecter et d'aider,
- La famille, source d'équilibre d'une humanité meilleure et dont nous sommes tous responsables, personnellement et collectivement
- Et enfin la création qui ne doit être ni négligée ni vénérée mais continuée et développée par des hommes responsables de ce don qui leur a été confié

Enfin, notre affirmation d'un Dieu qui nous dépasse mais veut notre bien nous rend particulièrement attentifs à la justice.
- Notre foi nous oblige en effet, parfois malgré nous, à prendre parti, envers et contre tout, en faveur de la justice. La justice en effet ne nous appartient pas, pas plus qu'elle n'appartient à tel ou tel car elle nous est donnée à travers la foi en un Dieu juste.
- Cette foi peut nous amener à protester avec vigueur face à des évolutions légales ou sociales qui nous semblent porter atteinte à la justice ou au caractère sacré de la personne humaine
Mais cette même exigence de justice s'applique aussi à nous-mêmes. A travers nos communautés nous donnons parfois une image affaiblie ou fausse de la justice et de la miséricorde de Dieu. Nous nous engageons à travailler, jour après jour, à nous rendre toujours plus fidèles à ce que Dieu attend de nous.

La crise financière révèle plus profondément une crise spirituelle et un ordre erroné des valeurs. Le sens et la valeur du travail humain sont passés à l'arrière-plan dans la recherche générale du profit, ont regretté les évêques de la COMECE à l’occasion de leur Assemblée plénière d’automne. Cette réunion, qui s’est tenue du 12 au 14 novembre à Bruxelles dans les nouveaux locaux de la COMECE au 19 Square de Meeûs, a par ailleurs été marquée par l’arrivée du Père Piotr Mazurkiewicz comme nouveau secrétaire général.


Avec pour thème « les défis actuels de l’Union européenne », l’Assemblée plénière a donné l’occasion aux évêques membres de la COMECE d’analyser la triple crise à laquelle est confrontée l’Union européenne ces derniers mois : le résultat du referendum en Irlande qui a mis en suspens le Traité de Lisbonne et donc la réforme institutionnelle de l’UE ; la crise géopolitique avec la guerre entre la Russie et la Géorgie ; la crise économique et financière enfin.

Mgr Adrianus Van Luyn, Président de la COMECE, a appelé à ne pas sous estimer la portée de cette crise: «Celui qui voit la cause de la crise financière uniquement dans un manque de transparence et d’imputabilité juridique, ne voit sans doute pas que c'est bien plus notre modèle de société lui-même qui est en question. Un modèle économique qui se base sur la consommation continue et sans limites de ressources limitées, va dans la mauvaise direction. » Il a estimé que la cause plus profonde de la crise financière se situait dans « un ordre erroné des valeurs. »

La crise financière est aussi l’occasion d’interroger avec plus d’acuité les modes de vie de notre société occidentale. Dans ce contexte, les évêques de la COMECE ont reçu le rapport « Une réflexion chrétienne sur le changement climatique » rédigé par le groupe d’experts qu’ils avaient mis en place en novembre 2007. Les évêques ont pris note des conclusions du rapport: le changement climatique est une question de survie pour une grande partie de l’humanité ; un leadership politique fort ainsi que, plus profondément, une réflexion et un débat éthique sont nécessaires pour convaincre les esprits mais aussi les cœurs des citoyens à se distancer du mode de vie prédominant, trop centré sur la consommation et notamment sur une consommation énergétique disproportionnée.
La «modération» comme une vertu centrale, devrait constituer le pivot dans ce changement de styles de vie. Il appartient aux chrétiens de faire comprendre à leurs concitoyens que la modération peut être synonyme de qualité de vie et de bonheur, car elle permet de distinguer l’essentiel du superflu. La difficulté des Chrétiens de communiquer un autre style de vie comme la clé du secret d’une vie bonne et finalement heureuse serait un défi aussi pour l’Eglise.


Dans ce même esprit, ils ont appelé au respect du repos dominical comme base du modèle social européen et facteur de réconciliation entre travail et vie familiale. Ces dernières années, le dimanche a été mis à mal dans les législations de nombreux Etats membres, à la faveur d’une vision politique libérale et consumériste. Dans le contexte de la crise économique actuelle, les évêques de la COMECE appellent les députés européens à prendre leurs responsabilités et à inscrire le dimanche comme jour de repos dans la Directive Temps de travail qui sera votée à la mi-décembre au Parlement européen.

Concernant la situation des réfugiés chrétiens d’Irak, les évêques appellent l’UE à reconnaître le rôle essentiel qu’a joué le Christianisme dans la tradition et l’histoire de la nation irakienne et à constamment soulever la question de la communauté chrétienne, aujourd’hui menacée de disparition, et des autres minorités religieuses dans ses contacts avec le gouvernement irakien. D’une façon générale, ils regrettent que l’UE ne consacre pas encore d’efforts suffisants dans ses relations avec les pays tiers, à lutter de façon déterminée contre les atteintes à la liberté religieuse qui continuent à être perpétrées de part le monde contre les minorités.


L'assemblée plénière d'automne de la Comece
(COMMISSIO EPISCOPATUUM COMMUNITATIS EUROPENSIS
La COMECE est la Commission des Episcopats de la Communauté européenne.)

L'aumônerie étudiante du Truel

Tu es étudiant à Montpellier,
SDC11384.jpgtu as envie de rejoindre d'autres étudiants,
d'approfondir ta foi,
de partager tes questions, tes convictions, ce qui fait ta vie d'aujourd'hui
de vivre des temps forts en Eglise...
SDC11389.jpgd-bat-en-grand-groupe.jpgjoyeuse-pr-paration-du-repas--.jpg
VIENS NOUS REJOINDRE !!
* le jeudi soir, à partir de 19h : Eucharistie, ou temps de prière.
Soirée à thème : conférence, grands témoins, Bible, détente
(cf "demandez le programme")
Puis repas partagé.
* aux pauses Truel,
le jeudi de 15h jusqu'au soir, et le vendredi de 16h à 19h.
des pauses musicales certains mardis soirs
une soirée film un vendredi par mois à 20h. Prochaine soirée : vendredi 19 mars
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le Truel, 250 rue du Truel, à Montpellier.
le-truel@wanadoo.fr
NB : pour des raisons indépendantes de notre volonté, la présentation du blog est perturbée par des problèmes techniques.
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