La Bible est une
bibliothèque de 73 livres. Mais là où nous devrions trouver le mot « fin », nous lisons : « Viens Seigneur Jésus » (Apocalypse 22,20) !
Chaque livre de l’Ancien Testament suscite d’autres livres, chaque prophétie une nouvelle. Ces récits d’histoire et de salut, ces poèmes et ces lois, ont été écrits en hébreu et en grec pendant
les siècles précédant le Christ.
Le Nouveau Testament est plein de l’annonce d’un avenir ; il est ouvert sur l’ultime venue du Christ. Partant des témoignages sur la vie de Jésus (Évangiles), il raconte ensuite la naissance des
communautés chrétiennes fondées sur cette « Bonne Nouvelle ».
Le Livre ne se referme cependant jamais, parce qu’il exige de passer dans la vie. Il raconte une histoire et il engendre une histoire, la nôtre. Par là, il est instrument de notre
création, de la création de l’Homme Nouveau. En lui s’exprime la Parole créatrice.
Qui dit « élu » dit « choisi entre tous » : Dieu a choisi de constituer un peuple particulier qui sera
porteur de sa Parole pour tous les autres. Le livre du
Deutéronome (Dt, 26,16-19) souligne que si le Seigneur choisit le peuple, réciproquement
le peuple choisit le Seigneur : il sera « son Dieu ».
Il est de première importance pour nous qu’Israël, peuple pris parmi les peuples, ne soit pas un peuple « comme » les autres, qu’il ne ressemble pas « aux nations ». S’il était un peuple « parmi
d’autres », notre appel à rejoindre le Christ serait un appel à rejoindre l’Occident ou l’héritage de la culture gréco-latine.
Tous, nous convergeons vers Israël, l’unique, différent de tous les autres. Son expression dernière est le Christ : dans le Christ, l’élection devient le bien de chacun, et c’est parce que chacun
est élu que tous peuvent devenir un. Dieu s’est acquis Israël en le faisant sortir d’Égypte, il s’est acquis le peuple nouveau « par son propre sang » (Actes 20,28).
Certains chrétiens imaginent que Dieu prévoit et décide toutes leurs actions. Notre tâche serait alors de chercher à deviner ces volontés cachées pour nous y conformer. Nous sortons de cette
aliénation lorsque nous comprenons que Dieu est notre vérité la plus intime, celle qui nous construit ou plutôt selon laquelle nous avons à nous construire librement. Loin de nous aliéner, cette
vérité nous libère et libère notre humanité.
Dans le Nouveau Testament, la volonté du Père est « qu’ils aient la vie, et qu’ils l’aient en abondance » (Jean 10,10). On peut dire que tout ce qui va, dans nos choix, vers « plus de vie », «
plus d’amour », est « obéissance » à cet influx créateur qui nous fait exister.
Dans l’Ancien Testament, la volonté de Dieu, « la Loi », se récapitule dans le décalogue (les dix commandements). Celui-ci ne nous dit pas ce qu’il faut faire, seulement ce qu’il ne faut pas
faire parce que cela nous détruirait.