De Noël à l'Epiphanie, de la présence à la manifestation: voici le mouvement qui nous fait accomplir la liturgie de l’Eglise.
Epiphanie, ce mot grec signifie "Manifestation". Dans la liturgie catholique, en Occident cette fête est celle de la venue des Mages, ceux que l'on nomme les Rois mages sans savoir si vraiment ils étaient rois! Dans le monde orthodoxe, cette fête mais d'avantage l'accent sur le baptême du Christ et sur les Noces de Cana.
Car dans cette belle fête, c'est bien trois fêtes que nous avons : la venue des Mages, le baptême par Jean, les Noces de Cana. Les premières pages de l'Evangile de Jean se trouvent ainsi mises en lumière : et le Verbe s'est fait chair, et Il s'est manifesté aux hommes. Trois Epiphanies, trois signes de Dieu au coeur des hommes. Mais revenons maintenant sur ces Mages qui en Occident ont pris les devant de la scène...
Jésus, le Sauveur, le Christ Seigneur est maintenant une présence au milieu de son peuple: né à Bethléem c'est un descendant de David, c'est le Messie à qui appartient le titre de roi des Juifs. Mais à suivre l'évangile selon Matthieu il est évident que Jésus est également celui qui réalise la promesse faite à Abraham, la bénédiction de toute l’humanité (Gn 12,1–3).
D’Orient, quelques savants, les Mages, viennent à Jérusalem. Ils n'appartiennent pas à la filiation d'Abraham, ils ne connaissent pas le Dieu vrai et vivant; ils ne sont pas guidés par la Parole de Dieu dans la Loi et les Prophètes. Mais leur recherche de Dieu, leur observation de la nature les porte à suivre le signe aperçu dans la lumière d'une étoile. Ils ne savent pas encore que cette étoile indique le Messie, (Nb 24,17), mais pour eux elle trace un chemin, ouvre un sens.
Obéissant à la conscience née de leur recherche ils rejoignent Jérusalem, prêts à interroger le savoir révélé à Israël. Ainsi, devant l'annonce messianique nous avons présentées deux attitudes différentes: d’un côté, les prêtres et scribes, chargés d'interpréter les Écritures qui répondent conformément à la Parole de Dieu "Le Messie, le roi des habitants de la Judée doit naître à Bethléem", (Mi 5,1) mais ils ne lui obéissent pas, n'accomplissent pas la prophétie ; de l’autre côté, les Mages, obéissant premièrement à leur recherche de Dieu et maintenant aussi à la révélation contenue dans les Écritures, ils reprennent chemin et rejoignent la maison où, entrés, "ils voient l'enfant avec Marie sa mère." Eux aussi comme les bergers ont devant les yeux une réalité simple et humaine, mais elle est manifestation pour leurs cœurs qui savent écouter. Elle est épiphanie qui les rempli de joie et provoque leur adoration: " ils adorèrent l'enfant; puis ils lui offrirent en cadeau or, encens et myrrhe."
Cette épiphanie, qui à travers les savants venus de l'est atteint les païens, n'annule pas la primogéniture de l'Israël, peuple à qui "la qualité de fils, les alliances, les promesses et la provenance du Messie" appartiennent , ( Rm 9,4–5), mais elle met en évidence que cet enfant est donné comme bénédiction à toute l'humanité. Tout de suite l'universalité de la bonne nouvelle de l'Évangile est affirmée, déjà au moment de la naissance de Jésus, et la contemplation des Mages apparaît comme une prophétie qui s'accomplit dans l'histoire de l'Eglise, quand l'Évangile atteint tous les gens et toutes les cultures des peuples.
Mais dans cette fête il y a aussi un avertissement pour nous chrétiens: nous pouvons méditer les Écritures assidûment, vraiment être aptes à les interpréter, pourtant nous pouvons rester dans la cécité, quand nous n'écoutons pas l'histoire : nous pouvons être fiers de nos certitudes de foi, pourtant ne pas reconnaître que Dieu est à l’œuvre aujourd'hui. Oui, parfois les étrangers, les "autres" prennent notre place en reconnaissant la présence de Dieu là où nous n’avons pas su la voir s’incarner !
tu arrives à Montpellier ? tu veux rejoindre d'autres
étudianst chrétiens ? Tu trouveras toutes les infos sur notre nouveau site :
N
